05.12.2008
Progress : vecteur du lien social de proximité en Paca
Une démarche de co-construction
« Nous voulions favoriser un emploi de qualité dans des activités de qualité », explique Philippe Chesneau, délégué à l’emploi et aux politiques territoriales du conseil régional de Provence – Alpes – Côte d’Azur depuis 1998. La Région fait alors le pari de l’ancrage territorial, avec la signature de pactes régionaux de l’emploi qui mobilisent l’ensemble des acteurs, et l’économie sociale, avec cette question : « Quelle politique publique d’économie sociale et solidaire, et comment la construire avec ses bénéficiaires ? ».
Pendant plus de 20 mois, un séminaire est organisé dans la plupart des départements, auquel participent experts, universitaires, élus, techniciens territoriaux, acteurs du tourisme solidaire, de l’économie sociale… et plus d’un millier de personnes.
Les discussions se prolongent dans 5 ateliers (renforcement des réseaux, économie sociale et ancrage territorial, qualité et quantité des échanges marchands dans l’ESS, l’emploi autrement, finances solidaires, banques sociales) qui permettent « une connaissance réciproque, une culture partagée et la co-élaboration d’une politique publique qui se donne des outils d’intervention efficaces », explique Philippe Chesneau. Un noyau dur d’acteurs se constitue autour du programme institutionnel, Progress, dans lequel sont mis en regard les problématiques du secteur, et les outils et dispositifs nécessaires.
Un large consensus aboutit à la définition de l’économie sociale autour de 9 critères qui vont de l’utilité sociale ou sociétale à l’impact environnemental, en passant par l’affiliation à un réseau « pour en finir avec le “pour vivre heureux, vivons cachés”, quand il faut s’assumer en tant qu’économie sociale pour peser face à l’économie capitaliste ». Les outils et dispositifs co-construits à partir des critères ont pour but de soutenir les entreprises de l’ESS à chaque étape de leur développement : élaboration du projet, accompagnement et parrainage, consolidation de l’activité ou reprise en ESS. La Région appuie également l’intervention d’agents de développement d’initiative locale « dans leur structure, pour leur emploi et le territoire ».
Financement et coopération : les deux nerfs de la guerre
La Région a voulu aller plus loin avec la mise en place d’un dispositif régional d’accompagnement qui recense toutes les structures ressources « territoire par territoire, dans un esprit de coopération et non de concurrence » - coopération qui conditionne les aides de la Région. ESIA, le fonds France Active qui porte le DLA du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, est sollicité pour la consolidation des outils financiers. La Région intervient également sur l’épargne solidaire : « Quand les Cigales ou Garrigue mettent un euro, nous en mettons un autre », explique Philippe Chesneau. Elle soutient la mutualisation : « L’économie sociale cultive le mythe que sa seule vertu lui permet de s’en sortir seule, sans argent. Or, on a plus de chance de réussir et de grandir à plusieurs… ».
Si la Région travaille avec quelques pays et agglomérations, cette coopération est embryonnaire. Certains départements sont plus favorables aux dispositifs Progress, voire abondent ses outils, le conseil général du Vaucluse notamment. À une échelle plus locale, des conventions ont été passées avec des pays, des « territoires ruraux dans lesquels il y a peu de place pour l’économie et encore moins pour l’économie sociale ». Pourtant « si on veut conserver des emplois de proximité, on doit appuyer le développement de l’économie sociale ». Un message qui, selon Philippe Chesneau, commence à faire écho dans la Région.







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