Cado : renforcer les synergies artistiques en Provence
Vivre de son art en région
Depuis 20 ans, l’AMI, hébergé à la Friche la Belle de Mai à Marseille, se consacre à l’accompagnement des artistes (formation, pratique, promotion). « L’artiste est au centre d’une chaîne d’une trentaine de métiers d’opérateurs culturels », explique Emmanuelle Choin, directrice adjointe de l’AMI, en charge de la couveuse d’activités et d’entreprises culturelles CADO. « Au terme de l’accompagnement, les artistes faisaient part de leur grand isolement. Dans le contexte actuel de forte mutation du secteur musical (baisse des financements publics, remise en cause du statut d’intermittent, dématérialisation des supports…), il devenait urgent de renforcer les chaînes des métiers qui accompagnent l’artiste pour lui permettre d’être indépendant ». CADO ouvre ses portes en mai 2008. Elle accueille actuellement 10 entrepreneurs et vise la quinzaine fin 2009 : managers, éditeurs, tourneurs, métiers en soutien de la production (studios, labels), prestataires de services (comptable, agence de communication, logistique, etc.). En travaillant sur une couveuse d’opérateurs de la filière musicale, l’AMI joue également la carte territoriale : « Nous souhaitions permettre à l’artiste de vivre de son art en région et renforcer la capacité des petites productions locales à exister. Nous avons fait un diagnostic de ce qui manquait au local, dans tel ou tel métier ». Lors du recrutement des opérateurs, elle privilégie donc la complémentarité. La couveuse accueille des porteurs de projet investis dans une logique commerciale ou des projets associatifs dans une démarche d’utilité sociale. Cette dualité (marchand/non marchand) est en effet une des caractéristiques du secteur.
National, international… et solidaire
L’accompagnement des porteurs de projet se fait sur 3 volets : un appui individualisé (administratif, juridique, commercial), un volet formation avec une ouverture au marché international, « car l’artiste s’adresse au monde, même s’il est attaché à un territoire ». L’AMI organise ainsi chaque année un séminaire d’échanges de pratiques entre opérateurs de différents pays. 3e volet de l’accompagnement : la mutualisation et la mise en réseau des entrepreneurs. Pour cela, la couveuse dispose d’un lieu dédié au travail collectif : la Maison Cado. « Même si ce n’était pas notre premier objectif, les porteurs de projet travaillent naturellement ensemble, les synergies sont fortes ». Le but de la couveuse est bien de rendre viables les structures. « La question de la professionnalisation est essentielle pour la viabilité des structures et le développement territorial car, si en région PACA, il y a une forte effervescence artistique, les actions manquent de visibilité et évoluent souvent dans un cadre informel ». Les réflexions sur les potentialités du marché ou les stratégies de développement sont éclipsées dans un secteur où « c’est l’offre qui suscite le besoin ou la demande ».
Ouvrir ses portes
La Couveuse CADO est membre de l’Union nationale des couveuses et l’association s’engage progressivement dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, et celui de l’accompagnement à la création d’entreprise en travaillant en concertation avec la Cress, l’Apeas, Envie d’Agir, mais aussi la CCI, la Cité des Métiers et l’Adie… Ce qui permet aux opérateurs culturels de s’ouvrir au secteur économique. Elle souhaite également ouvrir ses portes à un club de partenaires du secteur privé. « À Marseille, nous avons la chance d’avoir Mécènes du sud, un regroupement d’entreprises qui soutient les artistes ». Quant aux collectivités, elles ne peuvent que soutenir une entreprise « qui appuie l’emploi territorial… surtout dans un contexte de fragilisation de l’emploi culturel ». À noter quece sont les services « emploi » et « économie » du conseil régional et du conseil général qui financent la couveuse… ce qui est bien une reconnaissance de son apport économique au-delà de son intérêt culturel.







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