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Avise Infos. Dynamiques territoriales. N°12 - Septembre 2009

Picardie/Bénin associés pour co-développer l’ESS

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Faire de la coopération décentralisée un outil au service du développement de l’économie sociale et solidaire : tel est le projet de la région Picardie et du Groupement intercommunal des collines (GIC) au Bénin. Ils ont confié à la Scic Sens (Solidarités Entreprises Nord-Sud) un programme de « co-développement par l’économique Picardie-Collines » pour permettre l’émergence d’entrepreneurs solidaires sur les deux territoires.
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© Scic Sens

Incubateur de développement durable

Depuis 1995, la Région Picardie mène un programme de coopération décentralisée avec un regroupement de 6 communes du Bénin, le Groupement intercommunal des Collines (GIC), essentiellement fondé sur des projets d’aménagement du territoire. « Le service de coopération internationale picard voulait aller plus loin dans la politique impulsée depuis une dizaine d’années avec le Bénin et l’inscrire dans une optique de développement durable, équitable et solidaire des territoires », rappelle Caroline Dejonghe, chargée de mission au service de l’économie sociale et solidaire du conseil régional de Picardie. Ce que permet bientôt la rencontre entre son service et celui de la coopération internationale. « Les deux régions étaient confrontées à des problématiques communes, notamment au besoin de structurer les acteurs de l’accompagnement à la création d’entreprises solidaires ».

La Région lance alors un appel à projet autour d’un programme de « codéveloppement par l’économique Picardie-Collines » avec un double objectif : la création de filières d’économie sociale et solidaire pour développer l’économie locale, et la structuration des acteurs solidaires. Un porteur de projet, la Scic SENS (Solidarités Entreprises Nord Sud) remporte l’appel à projet. Il identifie les filières à soutenir au Bénin (agriculture familiale, petit élevage, écoconstruction, écotourisme, recyclage, etc.) et met en place un dispositif de financement de proximité de type « capital investissement solidaire ». Une douzaine d’entrepreneurs sont bientôt fédérés dans un incubateur, le Groupe entrepreneuriat solidaire des Collines (GES-Collines), soutenu par le conseil régional picard et le GIC.

« Nous pensions expérimenter un incubateur d’entreprises solidaires au Nord qui trouverait un prolongement au Sud. Mais c’est le contraire qui s’est passé : l’expérience béninoise a permis de susciter des initiatives similaires en Picardie ».

Réciprocité solidaire

Aujourd’hui, la Scic Sens répertorie donc des acteurs picards et des filières à accompagner et à structurer dans un incubateur territorial. Des secteurs « porteurs de plus-value sociale et environnementale » sont ciblés : l’agriculture locale et familiale, le maraîchage, la transformation agroalimentaire, voire les services à la personne ou le tourisme solidaire à l’instar de ce qui est fait au Bénin. L’expérience en Picardie n’est encore qu’au stade du projet. Mais comme au Bénin, il s’agit bien de réunir un noyau d’entrepreneurs solidaires, « solidaires pour entreprendre autrement sur leur territoire », précise Caroline Dejonghe.

« La Scic Sens accompagne les porteurs de projet dans le temps, les héberge dans l’incubateur, leur propose des services et des outils de pilotage et de financement ». Elle a ainsi créé Investi’Sens, une société d’investissement associant des investisseurs privés français et béninois, pour financer l’amorçage des entreprises solidaires sous forme de participation au capital (en ressources humaines et financières).

Un des objectifs du programme est de susciter des échanges commerciaux, techniques, etc., entre producteurs et entrepreneurs du Nord et du Sud, en matière d’apiculture par exemple ou d’extraction d’huiles végétales. Mais le programme vise aussi et surtout à l’enrichissement mutuel des pratiques d’entrepreneuriat solidaire, de partenariat public-privé, d’évaluation des impacts et de l’utilité sociale des entreprises. «  Nous n’avons plus seulement à apporter au Sud, mais à nous nourrir de son expérience, à inventer une vraie réciprocité dans la démarche de codéveloppement », conclut Caroline Dejonghe.

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