19.02.2010
Quand la Champagne-Ardenne qualifie les élus associatifs
La « Boîte à outils » du parfait dirigeant d’ESS
C’est une étude lancée par le Conseil économique et social de Champagne-Ardenne (CESR) qui a fait apparaître une forte demande de professionnalisation des élus des CA des entreprises de l’ESS, dans les structures employeurs notamment. C’est pour répondre à ces attentes que le Dagees a été mis en place. Depuis 1999, il accueille une quinzaine d’étudiants chaque année (plus de 200 diplômés à ce jour).
Cette formation propose aux élus associatifs, mutualistes et coopératifs de disposer de la maîtrise politique des outils de gestion au sein de son organisation ; découvrir le potentiel de ressources disponible au sein des organisations locales de l’économie sociale ; faire naître des projets sur un territoire en mobilisant les différents acteurs de l’économie sociale ; acquérir une formation qualifiante sanctionnée par un diplôme d’université (DU). Ce DU est reconnu comme un diplôme de niveau Bac+2. Diplôme régional, il trouve depuis 3 ans, un « prolongement national » dans une licence professionnelle et un master 2 Agees, créés à l’initiative de l’Université.
« Le Dagees n’a pas pour ambition de former des techniciens, explique Isabelle Boys, chargée de mission au Pôle relations étudiants entreprise et formation continue de l’Université de Reims, mais bien de donner aux élus les tenants et les aboutissants du fonctionnement associatif pour qu’ils puissent prendre les décisions en toute conscience ».
Le contenu pédagogique a été décidé en concertation entre la Cres Champagne-Ardennes et l’Université. Les cours sont assurés par des enseignants, des intervenants professionnels et des personnes ressources issues du terrain. « Le contenu pédagogique n’a cessé d’évoluer au cours des années, surtout sur la dimension projet », rappelle Isabelle Boys. Une « souplesse » qui permet de s’adapter aux besoins du terrain.
Futurs acteurs de développement local
Depuis l’origine, le conseil régional apporte son soutien au Dagees. Il est vrai que le territoire est particulièrement associatif et le président de Région très sensible à ces problématiques. La Région prend donc en charge la totalité du coût de l’enseignement. « En soutenant ce projet, la Région se fixait comme objectifs d’appuyer une formation diplômante pour les élus associatifs, mais également de favoriser les rencontres entre différentes structures de l’ESS autour de projets ou d’actions mutualisées, de faire émerger des projets en fonction des besoins d’un territoire touché par la déprise industrielle ».
Autre vœu de la Région, les cours sont délocalisés pour que « l’université aille vers les bénévoles », souvent salariés par ailleurs et peu mobiles. De même, ils se tiennent le samedi.
Soutien de la région, mais également engagement d’une enseignante, Michèle Severs, militante de l’ESS, et aujourd’hui présidente de la Cres, qui a associé au projet des structures d’accompagnement et de financement (DLA, CAE Césame, Champagne-Ardenne Active, etc.) vers lesquelles les porteurs de projet, inscrits au Dagees, sont orientés au cours ou à l’issue de la formation.
« On peut parler d’un engouement croissant des étudiants pour l’économie sociale et solidaire, relève Isabelle Boys. Si la Région joue vraiment la carte de l’ESS, la Cres a par ailleurs fait de la formation un enjeu majeur du développement des entreprises de l’ESS. Le Dagees séduit également d’autres régions (Picardie, Lorraine…) qui cherchent aujourd’hui à dupliquer cette expérience ».







En savoir plus