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29.07.2010

Languedoc-Roussillon : une culture commune de prévention des risques

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La Région Languedoc-Roussillon mise sur l’économie sociale et solidaire pour développer activités et emplois sur son territoire. Elle participe ainsi à de nombreuses réalisations : aide à la structuration des réseaux d’économie sociale, création d’une école de l’entrepreneuriat en économie sociale et d’un incubateur d’entreprises socialement innovantes…

A partir de 2007, elle a souhaité intervenir sur un nouveau volet : la prévention des risques économiques et sociaux dans les entreprises du secteur, en partenariat avec l’Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail (Aract). En 2008, une première réunion est organisée pour réfléchir, à partir de cas concrets présentés par les réseaux de l’ESS, à des actions de prévention. Deux ans plus tard, ces réunions « opérationnelles » battent leur plein et font émerger une « culture commune » dans le domaine.

Culture commune de prévention

Plusieurs dispositifs permettent à la Région d’aider les entreprises. Parmi eux, Préserve, lancé en 2007, qui a pour objectif de prévenir les difficultés économiques et sociales dans les entreprises régionales. « Le conseil régional est particulièrement attentif au dialogue social dans les entreprises et veille donc à ce qu’elles soient accompagnées sur ce volet, surtout dans des secteurs où les évolutions légales et réglementaires, voire sociales, sont nombreuses et rapides. Nous souhaitons les aider à analyser leur faiblesse organisationnelle », explique Benoît Holley, chargé de mission Économie sociale et solidaire à la direction du Développement des entreprises.
L’Aract, en convention avec le conseil régional sur le dispositif Préserve, est associé à cette démarche, « pour dépasser les questions de trésorerie et interroger les questions de management dans la survenue de difficultés ».

Pendant plusieurs jours, des consultants de l’Aract sont mis à disposition d’entreprises volontaires pour établir un diagnostic et trouver des solutions adaptées.

Tous les réseaux de l’ESS « capables de mobiliser des structures qui pourraient servir de cadres à l’expérimentation » ont donc été sollicités. Ils ont également été conviés à participer à des réunions collectives lors desquelles sont abordées des thématiques liées à la prévention des risques sociaux et au dialogue social. S’y retrouvent l’Urscop et l’Urei , premiers à répondre à l’expérimentation, mais également l’Uriopss , la Cres « comme tête de réseau », CapLR (Club ateliers protégés Languedoc-Roussillon) et la Cafoc (Centre académique de formation continue). « Il s’agit de faire émerger une culture commune de prévention des risques sociaux », explique encore Benoît Holley.

Privilégier l’opérationnel

Le conseil régional ne souhaite pas se substituer à l’Aract qui accompagne certaines structures de l’ESS sur les risques psychosociaux ou les troubles squeletto-musculaires (TMS). « Nous voulions agir en complémentarité, aborder des problématiques qui ne le sont pas ailleurs ». C’est l’Aract qui fixe l’ordre du jour des réunions en fonction de cas concrets remontés par les réseaux.

Parmi les projets présentés « en tout anonymat », on trouve :
- un cas de fusion dans une structure du sanitaire et social, source de crainte parmi les salariés et donc facteur de risque social,
- le développement d’une Scop qui impliquait la mise en conformité des pratiques de tous les salariés et entraînait une certaine tension
- l’accompagnement d’une autre Scop dans une démarche de gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC)…

La dernière réunion a porté sur les groupements d’employeurs (Quel est le droit du travail applicable ? Qui est l’employeur final ?…). « Ces réunions sont un espace de respiration pour tous ». S’y retrouvent des chargés de mission et des techniciens, pour échanger sur des pratiques, ce qui donne un autre ton aux rencontres. « Au départ, rappelle Benoît Holley, les réseaux étaient réticents ; maintenant ils apprécient de se retrouver sur un axe opérationnel, où ils peuvent échanger plus librement que dans un cadre institutionnel ou corporatiste… ».

Reste aujourd’hui à associer à cette démarche les secteurs de l’ESS « mal identifiés » : l’action culturelle, l’éducation populaire ou le tourisme social. « Nous n’en sommes qu’au début de l’expérimentation, mais on peut déjà se réjouir d’un taux de participation proche de 100 % des réseaux sollicités ! ». Et pour poursuivre le travail accompli, le conseil régional travaille avec l’Aract à un baromètre social définissant « des indicateurs (absentéisme, arrêt maladie…) qui permettront aux dirigeants d’évaluer le niveau de santé de leur structure ».

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