Avise Infos. Initiatives. N°17 - Septembre 2010
Unis vers l’emploi : se regrouper pour insérer
L’ESSENTIEL
Domaines d’activité : insertion par l’activité économique, mise à disposition de personnel (SAP, nettoyage-entretien, BTP, restauration, environnement, tertiaire, industrie...)
Statut : association (groupe), AI, ETTI, EI (structures)
Année de création : 2006 (groupe)
Implantation géographique : Grand Lyon
Nombre de salariés : 36 permanents, 1 200 salariés en insertion
Réponses à quels besoins ? Permettre à des personnes éloignées de l’emploi de se réinsérer professionnellement, offrir des passerelles vers l’emploi de droit commun.
L’INITIATIVE
Lorsqu’en 1999, Solidarité services et Ariel services, deux associations intermédiaires de l’agglomération lyonnaise, décident de se regrouper, cela fait déjà plus de 10 ans qu’elles interviennent dans le domaine de l’insertion des publics éloignés de l’emploi dans un bassin où l’offre se fait rare. Au gré des rapprochements et des créations de structures pour s’adapter aux évolutions légales et à l’apparition de nouvelles activités, elles choisissent de se constituer en groupe d’IAE. Aujourd’hui, Unis vers l’emploi se considère comme un véritable entrepreneur social.

L’union fait la force
Solidarité services, l’association intermédiaire à l’initiative de la constitution du groupe, naît en 1988, à Villeurbanne, pour offrir un tremplin vers l’emploi à des publics qui en sont éloignés. L’autre pilier du groupe, Ariel services, est créé en 1989 à Lyon sous forme d’association intermédiaire. Le rapprochement avec Solidarité services se fait en 1999 à la faveur de la loi contre les exclusions de 1998. Solidarité services et Ariel services se côtoyaient alors dans un collectif départemental d’associations qui travaillaient sur le RSA, les emplois familiaux, etc.
« Le rapprochement s’est fait naturellement », observe Brigitte Métay, directrice du groupe d’insertion Unis vers l’emploi. Avec la loi Aubry, les deux structures décident de monter l’entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) Est Emploi à Vaulx-en-Velin pour reprendre les activités en entreprise. « Dans l’Est lyonnais, zone touchée par les émeutes de 1995, il y avait nécessité de créer des structures d’insertion, un besoin d’emplois et d’offres d’emploi, pour éviter la ghettoïsation ».
Bientôt, Solidarité services reprend, sous forme d’entreprise d’insertion (EI), Buers services, une régie de quartier pilotée par la ville de Villeurbanne, menacée de fermeture du fait de gros problèmes de gestion.
En 2006, un groupe est créé sous statut associatif et mis au service des 4 structures d’insertion. « On peut parler d’emboîtement naturel, reconnaît Brigitte Métay, de formalisation d’un concept et d’organisation du travail avec la mutualisation de tous les services administratifs, de la direction, des postes de développement et de communication ».
Les publics accueillis
Dans les différentes structures, les publics présentent les mêmes handicaps : 85 % ont un niveau de formation inférieur au CAP, 15 à 20 % sont analphabètes, 30 % relèvent du RSA.
Il s’agit majoritairement d’un public d’adultes, entre 30 et 55 ans, « mais nous accueillons de plus en plus de personnes âgées de 60 à 65 ans », déclare Brigitte Métay. Et de s’interroger : « cela pose question : peut-on encore parler d’un projet d’insertion pour des personnes qui sont orientées pour leurs droits à la retraite ? ». La question restera en suspens.
Perfectionner plutôt que développer
Depuis 2006, le groupe a fait le choix de ne pas créer de nouvelles structures pour asseoir son activité. « Nous avons quand même dû créer une structure de services à la personne en 2010 pour porter l’agrément qualité exigé sur certaines de nos activités », reconnaît Brigitte Métay. « Ethic’Dom valorise l’image de nos structures d’insertion et surtout, elle offre une passerelle vers l’emploi de droit commun à toutes les personnes formées et professionnalisées dans nos associations intermédiaires ».
Pour 2010-2011, il demeure deux grands défis à relever : celui de mettre en adéquation le travail réalisé sur l’adaptabilité des demandeurs d’emploi avec les politiques de l’emploi et de l’insertion du territoire, et celui de trouver une plus grande cohérence entre « les équipes permanentes et leur cadre de travail ». Encore de beaux projets donc.







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