diminuer augmenter envoyer imprimer Bookmark and Share

14.09.2010

Alsace : du bio à l’école

ENVOYER CET ARTICLE :




La région Alsace est engagée depuis 2007 dans un plan de valorisation de l’agriculture biologique qui passe par l’approvisionnement des restaurants des lycées. Pour simplifier les achats, la Scic* Solibio est créée : elle propose une large gamme de produits bio fournis par des producteurs locaux.

© Solibio

Une charte d’engagement

Le projet est né en 2007 d’une volonté du conseil régional et de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) de promouvoir l’agriculture biologique avec pour objectif de doubler les surfaces cultivées à horizon 2013.
« Le conseil régional et les collectivités ont tout intérêt à ce que les productions bio se développent, ne serait-ce que pour préserver la qualité de la terre, des eaux sur le long terme », relève William Mairesse, chef de projet Structuration Aval à l’Opaba.

Fin 2007, le conseil régional d’Alsace, l’Opaba et 26 lycées de la région signent une charte d’engagement pour introduire des produits bio dans les cantines des établissements scolaires.
Avec la signature de la charte, la Région a permis aux producteurs bio de diversifier leurs débouchés et de stimuler la production. « La charte a été l’occasion de mettre à plat les contraintes liées à l’utilisation de ces produits en restauration collective scolaire et de répondre à une demande des lycées en faveur d’un approvisionnement local simple ».
Un bon moyen d’impulser la Scic Solibio, plateforme d’achats, constituée dans la foulée à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin). Côté lycées, la charte engageait les cantines à n’utiliser que des carottes, céleris, choux et pommes bio, une consommation permettant d’initier un certain volume d’activité. Elles avaient également la possibilité d’acheter d’autres produits frais à la plateforme : du pain, des produits laitiers, des pommes de terre, de la viande, etc.

Un programme écologique et social

La Scic Solibio est constituée de grossistes bio, de producteurs membres de l’Opaba et de transformateurs au nombre desquels un chantier d’insertion, Savoirs et Compétences Emploi, dont 26 employés assurent la transformation à froid et l’emballage des produits.
« Choisir de se constituer en Scic, c’était aussi porter une initiative sociale, permettre à des gens qui ne trouvaient pas leur place sur le marché du travail d’être à nouveau employés. C’est une valeur forte portée par les producteurs ».

Dès janvier 2008, 26 lycées (16 000 repas par jour) s’engagent dans le programme. Ils sont aujourd’hui 40 sur les 62 lycées alsaciens disposant d’un service de restauration. «  Les établissements scolaires sont soumis à la concurrence ; Solibio n’est qu’un de leurs fournisseurs ». Mais grâce à une gamme étendue de produits, Solibio fournit une part croissante de leurs achats en produits bio.
Aujourd’hui, la plateforme développe son offre auprès d’une clientèle plus large : les collèges, les écoles primaires strasbourgeoises (engagées sur 20 % de produits bio dans les repas, 12 sites sur 36 sont passés à 40 % de bio depuis septembre 2010, assurés en partie par Solibio), des restaurants d’entreprises et deux sociétés spécialisées dans la restauration collective (l’Alsacienne de restauration et Api restauration). C’est à la demande de la Ville de Strasbourg, en septembre 2009, que l’Alsacienne de restauration a introduit 20% de produits bio dans les repas quotidiens des écoles primaires.
L’Opaba s’engage également dans des programmes de sensibilisation à destination des personnels de restauration, avec l’appui de la Région. « L’accompagnement des personnels est essentiel, car le bio entraîne des contraintes pour le cuisinier. Mais c’est aussi un moyen de valoriser ces équipes et certains chefs dépassent aujourd’hui les objectifs de la charte », se réjouit William Mairesse.

La charte entretient une dynamique positive auprès des agriculteurs alsaciens, 147 exploitations se sont converties au bio en deux ans. « La charte avait pour objectif de donner l’habitude de consommer bio », rappelle William Mairesse. C’est chose faite.

* Scic : Société coopérative d’intérêt collectif. En savoir plus

Haut de page
Mentions légales | Contact | Tous nos sites | Plan du site