15.11.2010
Mobilité, environnement et insertion : le Cyclopousse

L’Arefo est une association nationale, gestionnaire de 35 logements foyers, 2 résidences avec services pour les personnes « à autonomie maîtrisée » et 17 établissements pour les personnes en perte d’autonomie et dépendantes (sous le nom d’Arpad).
Pourquoi une association gestionnaire d’établissements s’est-elle lancée dans les Cyclopousses, des tricycles couverts empruntés par les personnes âgées pour leurs déplacements personnels ? « La genèse du projet est en soi intéressante », remarque Marlène Hubert, attachée de direction développement de l’Arefo-Arpad, en charge du suivi d’Arefo Services. En 2007, l’établissement Gustave-Prost de Villeurbanne, lance une enquête de satisfaction auprès de ses résidents sur les prestations proposées. « L’enquête révèle que la problématique de la mobilité est très forte car elle touche directement à l’autonomie des personnes âgées ». La responsable de l’établissement imagine alors mettre à disposition des résidents un moyen de transport pratique et s’inscrivant dans une démarche de « développement durable ». Un dispositif qui devra également privilégier les mobilités douces et éviter les travers des autres modes de transports : le bus qui ne fait pas de porte-à-porte et le taxi qui est trop cher pour la plupart des usagers. Autre volet du projet : l’insertion. « Notre association a une vocation sociale forte. Contribuer à l’insertion professionnelle allait donc de soi ». Le Cyclopousse répond à l’ensemble des critères. Il apporte une solution à la problématique de déplacement de proximité, à la dimension sociale « et de santé globale ». « Car retrouver un cercle de vie, perdu faute de déplacement, est bénéfique pour les personnes âgées » ajoute Marlène Hubert. Pour gérer cette activité, l’Arefo a créé une entité spécifique, l’Arefo Services, structure dédiée aux services à la personne.
Un service public pour les citoyens âgés
L’Arefo choisit de s’adosser à une association existante pour l’emploi des « accompagnants », « un terme plus approprié que “chauffeur”, car leur fonction dépasse largement la seule conduite… ». Elle fait donc appel à Solidarité services, l’antenne villeurbannaise d’Unis vers l’emploi. Aujourd’hui, Arefo Services emploie en direct quasiment deux équivalents temps plein. Le premier Cyclopousse a été mis en service fin 2007 à Villeurbanne.
L’association en possède 6 aujourd’hui, sur Villeurbanne et 4 arrondissements de Lyon. L’initiative est très soutenue au niveau local par la Région, le Conseil général du Rhône et la CRAM, ainsi que par des partenaires privés qui affichent leurs logos sur les cyclopousses « pour maintenir des prix attractifs ». Le service est en effet financé pour un tiers par les recettes publicitaires, le deuxième tiers par les subventions et le dernier par l’activité elle-même (de 1,70 euros la course pour les abonnés à 3,50 euros pour les non-abonnés).
« La Ville de Villeurbanne a très vite relayé le projet et contribué à son financement », rappelle Marlène Hubert. Dans le 3e arrondissement de Lyon, c’est le comité d’intérêt local qui a décidé de participer au financement du projet. La Ville de Lyon s’est engagée en 2009 « pour une phase test ». À chaque fois, c’est grâce à la gouvernance public-privé que le développement et la pérennisation du Cyclopousse sont rendus possibles. Toutes les collectivités abondent au fonctionnement de l’activité sous forme de subventions qui s’ajoutent à celles d’investissement pour l’achat de tricycles. Arefo Services a également reçu une aide de fondations (Macif, Caisse d’Epargne, Fondation de France), et d’institutions de retraites complémentaires historiquement liées aux activités de l’Arefo (Ag2R, Réunica, Apicil). Marlène Hubert rappelle : « Si leur adhésion a été immédiate, le temps de montage du projet financier a été long, d’autant que nous n’avions aucune référence sur laquelle nous appuyer. Ce projet était donc un challenge à relever ! ». L’association reçoit aujourd’hui de multiples sollicitations de communes ou d’associations d’insertion.
« Le Cyclopousse est une réussite ». Ce que prouve l’adhésion forte des utilisateurs est l’évolution de leur utilisation, du déplacement utilitaire (courses, médecin…) au déplacement loisir pour aller au parc, au club de gym, rendre visite à des amis. « Il mérite de s’ancrer durablement dans les territoires, de devenir un outil de la politique de la ville, de soutien et de maintien à domicile, un service public que la commune offre à ses citoyens âgés ».







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