GEPETTO : garde d’enfants pour l’équilibre du temps professionnel, du temps familial et son organisation, un nouveau mode de garde au plan territorial.
Au carrefour des initiatives socio-économiques. N°2 - Mars 2005.
L’ESSENTIEL
Domaine d’activités : Garde d’enfants à domicile.
Statut : SARL au service d’associations.
Nombre de salariés : 30 sur 7 sites.
Année de création : 1999
Implantation géographique : Morbihan, puis France entière.
Type de zone : urbaine
Réponse à quel besoin ? Compléter les modes de garde existants des enfants de 0 à 13 ans, et les rendre accessibles à tous.
A retenir : Une initiative adaptée aux réalités socioprofessionnelles actuelles et complémentaire des modes de garde existants sur le territoire.
L’INITIATIVE
Anne-Karine Stocketti a voué sa vie à l’enfance. Elle a commencé par créer, à Lorient, une agence de baby-sitting et a pris conscience que cette activité serait utile, non seulement aux classes moyennes, mais aussi aux femmes seules qui trouvent un travail à horaire décalé ou ont besoin de partir en formation, ainsi qu’à des couples en emploi précaire qui sont obligés de se déplacer, y compris, quelquefois, le week-end, etc. « Je me suis aperçu que les assistantes maternelles, les crèches, les CLSH, les haltes-garderie, les accueils périscolaires et même les travailleuses familiales ne suffisent pas à répondre à tous les besoins. Je me suis rendu compte que des enfants étaient réveillés le matin par leurs parents au téléphone, que des enfants de douze ans gardent quelquefois leurs frères et soeurs jusqu’à 22 heures, en attendant le retour de leur mère ! ”.
Après de longues négociations avec la CAF (Caisse d’Allocations familiales) du Morbihan, Anne-Karine Stocketti a donc pu proposer à une association lorientaise d’aide à domicile pour personnes âgées (l’ADAPAR), d’ajouter Bambino services à ses activités : du personnel de crèche qualifié, puéricultrice, éducatrice de jeunes enfants, en CDI à raison de 100 heures par mois, se déplacent à domicile, et les parents paient un complément à la prestation de la CAF en fonction de leurs revenus. Une personne, au standard, écoute les besoins des parents et se renseigne sur les autres offres de garde du territoire. Si aucune ne répond au besoin exprimé, le service envoie quelqu’un à domicile. Sur ce site expérimental du Morbihan, les demandes des familles ont dépassé les objectifs : 3200 heures réalisées en 1999, 7200 heures en 2000 !
“J’ai eu la chance, raconte-t-elle, de tomber à Lorient sur un directeur de CAF très brillant qui a compris que cette nouvelle prestation était la seule manière réellement efficace de réduire les inégalités hommes/femmes devant l’emploi, de favoriser l’insertion, de ne pas fragiliser l’emploi (...) Il a eu le courage d’innover le premier et cela m’a servi ensuite à vendre l’idée ailleurs”.
En effet, Anne-Karine Stocketti ne s’est pas arrêtée là. Elle a créé un service similaire à Vannes et en 2001, a décidé de répondre à l’appel d’offres EQUAL afin de vérifier si sur d’autres territoires, l’offre était également pertinente... C’est ainsi qu’est né un réseau d’ “Accueils en relais” nommé GEPETTO !
Sept sites fonctionnent en France, dont Lorient, Vannes, Poitiers, Cherbourg, Le Mans, Nantes, Vernon. D’autres se préparent à ouvrir, à Montpellier et Nancy. Au total aujourd’hui, 30 salariés sur 7 sites, gardent environ 700 enfants dans 350 familles aidées.
Pour que ce service se développe vraiment, il faut, bien entendu que la CNAF (Caisse Nationale d’Allocations familiales) accepte d’en faire une prestation au niveau national. C’est en cours. “Je travaille avec les services des prestations à la CNAF, dit-elle. Nous avons organisé un colloque à Vannes fin décembre 2004, avec 300 personnes dont beaucoup de responsables de CAF. Avec ma SARL, je fais la coordination et la création des nouveaux services ainsi que de la formation pour les personnels qui sont embauchés, et je vais sans doute transformer le réseau Gepetto en SCOP”.
NOTRE AVIS
Anne-Karine Stocketti a développé une réponse à un besoin social évident mais qui relevait jusqu’à présent de l’utopie. Or, la CNAF est en passe de créer, presque “pour elle”, une nouvelle prestation, parce qu’elle a su démontrer, en grandeur réelle, la faisabilité de ce nouveau service.
Une initiative dont l’utilité est à la fois sociale et économique : elle permet en effet aux femmes seules et en emploi précaire, de rester dans la vie professionnelle ; les familles qui continuent à travailler malgré la charge des enfants, continuent aussi à cotiser sur leur salaire pour rendre possible la mise en place de ce service.







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