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Les Jardins de Cocagne : une graine sociale dans le territoire

Au Carrefour des Initiatives socio-économiques. N°16 - Septembre 2006

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L’ESSENTIEL
Domaines d’activité : insertion par l’activité économique, agriculture biologique
Statut : association
Nombre de salariés sur le réseau : en moyenne par jardin, 20 personnes en insertion, 5 encadrants
Année de création : 1991 (1999 pour le Réseau)
Implantation géographique : tout type de territoire
Types de zone : tout type de zone
Réponses à quels besoins ?Lutter contre l’exclusion, favoriser le développement durable, répondre aux besoins sociaux d’un territoire qu’on mobilise.

L’INITIATIVE

Créé en 1991 à Chalezeule dans la banlieue de Besançon (Doubs), le premier Jardin de Cocagne a rapidement essaimé. Associant insertion sociale, agriculture biologique et développement local, on compte actuellement 85 jardins sur toute la France, réunis dans le Réseau Cocagne depuis 1999.

Semés aux quatre vents

À l’origine, il s’agissait de régler un problème local, d’aider quelques personnes exclues à remettre le pied à l’étrier, tout en trouvant un système intelligent qui allie développement durable, stratégie économique et environnement social. « Lorsque le premier jardin a été créé, nous avons bénéficié d’une très bonne couverture médiatique, explique Jean-Guy Henckel, fondateur du Réseau Cocagne. Les jardins commençaient à être à la mode, de même que les produits bio. » L’expérience intéresse : des préfets qui tentaient de trouver des solutions de lutte contre l’exclusion, des bénéficiaires du RMI, des personnes issues du secteur associatif ou de l’insertion par l’activité économique, mais aussi des agriculteurs qui souhaitaient donner une autre coloration à leur projet. L’idée prend vite.

On en compte 85 aujourd’hui employant 3 000 jardiniers en insertion, 450 postes d’encadrants et comptant plus de 1 000 bénévoles. 13 000 familles adhérentes consommatrices (200 en moyenne par jardin) reçoivent des paniers de produits bio chaque semaine. La taille moyenne d’un jardin est de 3 hectares répartis entre les serres et le champ.

Des projets sociaux de territoire

S’ils sont aussi présents en zone rurale, une densité plus forte de jardins se trouve en zone périurbaine, où exclus autant que consommateurs sont plus nombreux. L’ouverture d’un Jardin s’inscrit dans un projet social de territoire après une étude de faisabilité auprès des bailleurs, des travailleurs sociaux, etc. : « On oriente les admissions en fonction des besoins locaux. Si dans tel bassin, les offres d’emploi s’adressent principalement aux hommes, on choisira en priorité des femmes », tout en maintenant une certaine mixité de sexes, d’âges et de problématiques.

Chaque jardin propose un accompagnement socioprofessionnel : des travailleurs sociaux font partie des encadrants au même titre que les maraîchers qui décident des plants et du tableau de semis. Les jardiniers sont employés en contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE), contrat d’avenir (CA) ou sur des postes « entreprise d’insertion » (EI), de quelques heures par semaine à un plein temps. Au terme de leur passage, certains acquérront un certificat de compétence.

Le Réseau chapeaute l’ensemble des Jardins, « essaime 10 nouveaux jardins par an. Il propose des formations pour les directeurs, les encadrants et les travailleurs sociaux, initie une démarche qualité et appuie tous les jardins rencontrant des difficultés. Le travail de réseau permet également de porter nos revendications auprès des décideurs, des fondations privées, etc. »

* (ce site doit être refondu à l’automne pour apporter des réponses spécifiques tant aux adhérents consommateurs, qu’aux porteurs de projets et aux acteurs des jardins)

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