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Terre Vivante : quand l’écologie irrigue l’économie

Au Carrefour des Initiatives socio-économiques. N°19 - Décembre 2006

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L’ESSENTIEL
Domaine d’activité : édition, écologie pratique, animationStatut juridique : Scop (ex-association 1901
Nombre de salariés  : 35 ETP en moyenne, 28 coopérateurs dont 24 salariés
Année de création  : 2005
Implantation géographique  : Mens (plateau de Trièves, Isère)
Type de zone  : rurale
Réponse à quels besoins ? Promouvoir un mode de vie respectueux de l’environnement, mettre en pratique ces techniques et accueillir le public sur un site rural ; développement local.

L’INITIATIVE

Née dans l’effervescence de l’écologie politique militante, Terre vivante œuvre à promouvoir l’écologie pratique et à l’inscrire dans une réalité économique quotidienne. Pionnière de l’édition pédagogique, l’association parisienne créée en 1979 gagne en 1994 les contreforts du Vercors pour mettre en action ses principes dans un centre de découverte de l’écologie. En 2005, l’association se transforme en Scop.

De l’édition parisienne à la mise en pratique dans les montagnes

« À la suite des luttes politiques écologiques des années 1970, nous brassions énormément d’informations. L’idée était de les rendre accessibles et surtout pratiques, de sortir du combat "contre" (le nucléaire, le tout-voiture...) pour construire un discours "pour" l’écologie », résume Claude Fournier, membre de l’association depuis 20 ans et actuelle PDG de la Scop-SA Terre vivante. Afin de réaliser une écologie au quotidien, l’association basée à Paris édite la 1re revue de jardinage bio, Les Quatre saisons du jardinage (27 000 abonnés) et lance une collection de guides pratiques sur le jardinage, l’alimentation/santé et l’habitat écologique... Dire comment faire, c’est bien, mais le faire soi-même, c’est encore mieux.

Au milieu des années 1980, un des membres de la revue, maire d’une petite commune de l’Isère, propose à l’association d’y acheter un terrain abandonné. 10 millions de francs, à 50 % apportés par les collectivités locales, sont nécessaires pour construire le centre de découverte de l’écologie. « De pôle d’édition, nous devenions moteur du développement économique autour d’un projet d’écotourisme. On a dû apprendre à recevoir du public, ce n’est pas simple », explique Mme Fournier. Ouvert 100 jours par an pour des raisons climatiques, le centre accueille en effet 25 000 personnes, venues apprendre, dans un cadre enchanteur, comment réaliser des économies d’énergie, d’eau, se nourrir sainement...

Vers des « espaces info énergies » ?

Quatre membres salariés sur les 11, que comptait l’association originelle, ont accompagné la migration de l’activité éditoriale sur le plateau de Trièves. « Lorsque le dernier fondateur de l’association est parti à la retraite, l’AG a décidé de transformer la structure en Scop. Ce fut à la fois naturel, car l’association était portée par ses salariés, mais cela répondait aussi à un choix politique : l’écologie ne doit pas être la propriété des structures non lucratives, elle doit irriguer l’économie. » À peine 3 mois ont été nécessaires pour opérer la transformation, qui n’a entraîné aucun bouleversement des modes de travail. La croissance des effectifs (jusqu’à 45 ETP en pleine saison) s’effectue progressivement, au rythme d’une demande écologique qui pénètre la société. Le relatif enclavement du site ne facile toutefois pas le recrutement.

Ce qui n’empêche pas Claude Fournier d’intervenir bénévolement en appui auprès d’autres expérimentations similaires naissantes. De fait, la Scop travaille en réseau avec d’autres pôles ressources sur les pratiques écologiques, et espère pouvoir mener à terme un projet de maillage d’« espaces info-écologie pratique », sur le modèle des espaces info-énergie de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

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