Auto’trement : circuler en voiture même sans voiture
L’ESSENTIEL
Domaines d’activité : Autopartage
Statut : SCIC
Nombre de salariés : 4 ETP (équivalents temps plein
Année de création : 1999 (association), SCIC depuis avril 2004
Implantation géographique : Strasbourg (67) / Mulhouse (68) / Gare Sélestat (67) / Saverne (67), Illkirch (67)
Type de zone : urbain et péri-urbain
Réponse à quels besoins ? Partager un parc automobile à prix réduit, désengorger la ville, promouvoir une mobilité durable...
L’INITIATIVE
Solution économique et pratique, l’autopartage permet d’accéder simplement à une voiture pour des usages occasionnels. C’est un service d’intérêt collectif qui a pour objectif de réduire le nombre de voitures en ville et les nuisances liées à l’utilisation de celles-ci (pollutions, stationnement…). Auto’trement est la première structure du genre implantée dans une capitale régionale. Transformée en SCIC en avril 2004, Auto’trement compte en 2007 près de 1000 usagers et étend son réseau sur le territoire.

Simplifier la vie des citadins
L’idée est simple : sur la base d’un abonnement mensuel, permettre à tout un chacun de disposer d’une voiture accessible en libre-service 24h/24h, en complément de la bicyclette, de la marche à pied et des transports collectifs (abonnement combiné avec la Compagnie des Transports Strasbourgeois). En 2007, près de 1000 usagers se partagent un parc de 45 voitures réparties sur 14 stations dans l’agglomération strasbourgeoise.
Même si c’est l’un des principaux avantages de ce service, « l’argument économique n’est pas central dans notre communication, explique le directeur général Jean-Baptiste Schmider, parce que les automobilistes ne font pas le calcul réel des frais liés au fait de posséder une voiture. C’est l’aspect pratique (plus de problème de stationnement, d’assurance…) qui porte. Ensuite, à l’usage, les gens finissent par se questionner sur la dimension environnementale de la pratique ». En effet, une voiture partagée remplace environ 8 voitures particulières, et les usagers réduisent notablement leurs déplacements en voiture au profit d’autres solutions, en général moins polluantes.
Membre fondateur du réseau France-Autopartage, Auto’trement permet à ses utilisateurs d’accéder aux véhicules partagés à Paris, Lyon, Marseille, Grenoble, Montpellier, Bordeaux et bientôt d’autres villes.
Autofinancement et mutualisation
Le passage en SCIC a permis à Auto’trement de « s’affranchir des limites du statut associatif ». Comme l’explique M. Schmider, « c’est plus facile de faire financer son projet, en raison de la "forte immobilisation capitalistique" de l’activité [des véhicules à 15 000 € pièce], et d’en garantir la pérennité lorsqu’on a des fonds propres importants : la SCIC le permettait ». Au départ, Auto’trement a développé son activité avec les aides indispensables apportées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’Energie (ADEME), la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) et le Conseil général du Bas-Rhin. Depuis, la croissance du capital de la SCIC, grâce aux apports de nouveaux « sociétaires » (usagers, collectivités, entreprises…), permet de garantir progressivement son avenir.
La transformation en SCIC a également permis de préserver la philosophie initiale de la structure (participation des usagers et des collectivités, but non lucratif…) tout en redéfinissant le partage du pouvoir et des responsabilités, dilués dans une association grandissante. Si les usagers disposent de 20% des votes au CA, les « porteurs de projet » (les bénévoles qui ont notamment assuré la promotion de la structure) en ont 25%.
S’appuyant sur la notoriété croissante de l’autopartage, l’objectif premier reste le développement de l’activité : la SCIC devrait prochainement atteindre l’équilibre économique. Sur les 4 salariés (temps plein), 3 sont des emplois-jeunes en cours de pérennisation (jusqu’à 2008) par un dispositif d’épargne consolidée.
Le point de vue d’un partenaire public
« Développer l’autopartage est un choix politique »
Pour M. Hugues Geiger, vice-président de la Cus qu’il représente au conseil d’administration de la Scic Auto’trement, l’autopartage est une « des pièces maîtresses de notre politique de transport : elle offre une souplesse de déplacement remarquable ». Dans une ville où le réseau de bus et de tram tend à faire plus de place au vélo qu’à la voiture, l’idée portée par l’association a immédiatement retenu l’attention des responsables politiques locaux.
La Communauté urbaine de Strasbourg est aujourd’hui, derrière la ville elle-même, le second financeur public de la SCIC : 15 000 euros soutiennent l’activité existante et accompagnera le développement du parc automobile qui d’ici 2008 devrait croître de 14 véhicules.
« L’intermodalité des moyens de transports est essentielle : le tramway, colonne vertébral de nos transports publics, relient les différentes lignes de train et s’interconnecte avec les bus. Sur une cinquantaine de stations, la Compagnie des transports strasbourgeois gère des parcs à vélo. En complément, nous avons avec la Scic décidé l’emplacement de 6 nouvelles stations à moyen terme, de une à cinq places, pour les voitures partagées, répartis de manière homogène sur l’agglomération strasbourgeoise. Ces places, comme la dernière inaugurée récemment place de la République, sont équipées de barrières à clefs pour s’assurer que les adhérents n’aient pas à tourner pour se garer. »
Le système s’avère donc très efficace : « la Maire de Strasbourg n’utilise que les véhicules partagés de l’association », précise M. Geiger qui enfourche son vélo quotidiennement pour se rendre au bureau, « 9km, le long des canaux ». « L’autopartage représente donc une solution économique et écologique dont je fais régulièrement la promotion auprès des mes homologues d’autres collectivités territoriales. Les collectivités ont intérêt à soutenir ces initiatives, du moins leurs mises en place, car l’activité s’autofinance rapidement dès que la taille critique, environ 50 véhicules, est atteinte. » Le plus difficile concède M. Geiger, médecin de formation, « c’est de rompre avec ce rapport machiste à la voiture, qui doit toujours être plus belle, plus puissante que celle du voisin. » Le vice président de la CUS, délégué à l’environnement, est heureusement convaincu que le volontarisme politique contribuera a faire évoluer les mentalités.







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