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Au fil de l’eau, pour refaire surface

Avise Infos. Initiatives. N°2 - Novembre 2007

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L’ESSENTIEL
Domaines d’activité  : éducation populaire, environnement, insertion
Statut  : chantier d’insertion associatif
Nombre de salariés  : 35 salariés dont 20 dans le cadre de l’insertion et une dizaine de saisonniers par an
Année de création  : 1982
Implantation géographique  : Val-de-Marne principalement et Est de la région parisienne
Type de zone  : fluviale
Réponse à quels besoins ? Insertion sociale et professionnelle de jeunes en difficulté, éducation à l’environnement et préservation du patrimoine naturel fluvial.

L’INITIATIVE

De la navigation à l’insertion, en passant par la préservation de l’environnement, depuis plus de 25 ans, l’association Au fil de l’eau réussit le pari de la cohérence. Association d’éducation populaire, elle accueille des chantiers d’insertion depuis 4 ans et est devenue centre de formation pour développer un véritable projet de société.

Le bateau pour apprendre et préserver

À l’origine de l’association Au fil de l’eau, 25 moniteurs de voile en mer qui croyaient « tous à l’éducation populaire, à la démocratisation des loisirs, à la nécessité de faire (re)découvrir la nature en la préservant, par le biais de la voile qui, au-delà de la pratique sportive, est une véritable école de la vie », raconte Jean-Louis Achart, un des fondateurs et délégué général actuel.

« À une époque où le tourisme social périclitait, nous avons décidé d’investir les canaux et les rivières, là où étaient les gens, avec une idée forte en tête : préserver un patrimoine naturel menacé ». L’association s’installe en région parisienne et fait rapidement appel à un conservateur de batellerie pour apprendre les techniques anciennes de construction navale et les modes de propulsion préservant le milieu naturel. « La force de notre projet tient à sa cohérence » : les activités développées sont destinées aux centres de vacances, aux scolaires dans le cadre de classes vertes et à d’autres publics qu’elle sensibilise aux questions environnementales.

Au fil de l’eau est affiliée à de nombreuses structures d’éducation à l’environnement. Depuis 17 ans, elle est formatrice au BPJEPS (ex-Beatep) environnement. Elle y ajoute des activités d’entretien et de revégétalisation des berges pour enrichir la biodiversité.

« Un choix de société »

Quasiment depuis sa création, l’association emploie des personnes en insertion pour la construction des bateaux et la navigation. Elle accueille des chantiers d’insertion depuis 4 ans : « Nous affirmions ainsi une conception de l’insertion qui n’est pas assise sur un marché, mais sur des valeurs sociales », explique Jean-Louis Achart. L’association accueille des jeunes et des Rmistes, très éloignés de l’emploi, souffrant d’addictions plus ou moins lourdes, cumulant parfois problèmes psychologiques et judiciaires… Le parcours d’insertion débute par la navigation et peut aboutir, pour certains, à un diplôme d’animation. Aujourd’hui, ce sont 20 salariés apprenants qui participent à ces activités aux côtés des 15 permanents.

5 salariés sont employés dans la structure de formation, A puissance 2, que l’association a mise en place pour prendre en charge à moindre coût la formation de ses propres salariés apprenants. Elle est devenue bateau-école, emploie des formateurs (permis de navigation permis coche d’eau, sport et côtier, formation aux premiers secours et attestation « spéciale passagers ») aujourd’hui sollicités par la chambre de commerce et de l’industrie. Au fil de l’eau a également participé à la fondation du CFA animation d’Ile-de-France « pour ne pas laisser ce champ aux seuls organismes marchands », et est à ce titre centre de formation sur tout le champ de l’animation.

«  Les politiques devraient favoriser de véritables projets territoriaux qui donnent la priorité aux associations d’insertion et environnementales locales. Il doit bien y avoir 10 000 Rmistes dans le Val-de-Marne. Si le département engageait des structures d’insertion pour l’entretien des collèges, des crèches, des routes, cela ferait plus sens… C’est évidemment un choix de société ». En attendant l’impulsion politique, l’association souhaite d’une part essaimer par transfert d’ingénierie, d’autre part monter une Scic avec des structures partageant les mêmes valeurs pour développer de nouveaux projets : créer des synergies vélos-bateaux, se réapproprier tous les sites préservés en Ile-de-France aménageables pour la navigation douce…

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