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Claires & Mer : refaire de la mer un horizon

Avise Infos. Initiatives. N°4 - Avril 2008

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L’ESSENTIEL
Domaines d’activité  : Activités à dominante aquacole, handicap
Statut  : Association, gérée par la Navicule bleue
Nombre de salariés  : 13 encadrants, 50 salariés
Année de création : 2005
Implantation géographique  : Charente-Maritime
Type de zone  : littoral marin
Réponse à quels besoins ? Permettre à des personnes handicapées de s’intégrer en milieu ordinaire, préserver la tradition aquacole de la région et le patrimoine naturel.

L’INITIATIVE

Concilier métiers de la mer et handicap, jouer la mixité entre travailleurs accidentés et handicapés mentaux, investir des secteurs en crise mais potentiellement à haute valeur ajoutée, autant de défis que relève l’ESAT Claire & Mer dans le bassin d’Oléron.

Du maillon faible à la pluriactivité

Thierry Leques a été directeur d’un complexe médico-éducatif sur le bassin de Marennes Oléron pendant 15 ans. « Lors de leur sortie du dispositif, les enfants étaient orientés vers des IMPro maçonnerie, alors que la plupart étaient issus du milieu maritime, qu’ils y étaient nés et que leurs parents y travaillaient ». D’où l’idée de monter le premier IMPro métiers de la mer.

Le projet suscite vite l’enthousiasme du maire d’Arvert, du DDASS de Charente-Maritime et des autres élus de la commune, ostréiculteurs pour la plupart, d’autant que les besoins évoluent et font apparaître la nécessité de reclasser professionnellement des adultes. L’association la Navicule bleue est créée en 2003 pour porter l’ESAT (établissement et service d’aide par le travail) Claires & Mer.

Les besoins sont tels sur ce territoire qu’en moins de 3 ans, le nombre de travailleurs de l’ESAT atteint les 50.

Claires & Mer est bientôt sollicitée par des personnes issues du milieu ordinaire, victimes d’accidents, de burn out avec décompensation psychiatrique. Elle joue alors la mixité en accueillant indifféremment des personnes présentant un handicap et des travailleurs diplômés. C’est l’une des originalités de cet établissement, mais certainement pas la seule, car le projet ne s’arrête pas là…

Des ateliers sont en effet ouverts en milieu ordinaire, dans les ports et les entreprises, sur des activités en lien avec la pêche traditionnelle : réparation de filets, chaluts et casiers. Dans le port de Coux, l’ESAT s’engage sur des activités d’ostréiculture. Bientôt ce sont 3 labels d’huîtres qui y sont cultivés.

« Ces 3 labels, explique Thierry Leques, demandent beaucoup d’espace de production, plusieurs mois d’affinage et ne sont pas très rentables. En revanche, ce sont des produits haut de gamme et nous sommes assurés d’écouler la production avant même qu’elle ne soit menée à terme. Nous réfléchissons toujours en termes de maillon faible économique, sur des secteurs qui ne sont pas ou peu développés, en lien avec le potentiel des travailleurs que nous accueillons ». Avec la cabane ChatLand où sont vendus des articles d’artisanat maritime, la boucle pourrait être bouclée. Mais ce n’est pas le cas.

« Nous sommes tellement connus dans la région, du fait de nos activités passées et actuelles, que nous sommes sans cesse sollicités pour prendre en charge d’autres types d’activités, l’entretien de jardins et d’espaces verts notamment ». Et il y a ce projet de restaurant, avec un cuisinier professionnel, d’abord pour les travailleurs, mais avec une ouverture sur l’extérieur.

La solidarité pour rompre l’isolement

« Nous sommes tous des gars du pays, nous cherchons donc à concilier notre vie professionnelle et nos activités maritimes annexes. Mon activité va ainsi du sauvetage en mer (à la SNSM) au reclassement des marins pêcheurs ». Car c’est une des données du projet : la pêche est un secteur où le reclassement des accidentés du travail n’est pas organisé, à la différence des agriculteurs ou des métiers du bâtiment.

Ce sont pourtant 10 % des professionnels de la mer qui sont touchés. « Nous nous sommes donc lancés dans l’accompagnement des marins dans la réinsertion professionnelle, d’abord bénévolement et en montant l’association. C’est aussi une manière de sortir les gens de leur isolement. La solidarité entre les professionnels de la mer est très forte ».

L’association souhaite aujourd’hui installer des entreprises adaptées sur toute la façade atlantique, et organiser des passerelles entre ESAT, entreprise adaptée et milieu ordinaire.

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