Rapprocher Culture et ESS
Ce rapport réalisé par Bernard Latarjet, notamment ancien délégué général de la Cinémathèque française et membre du cabinet de Jack Lang, propose une anaylse de la transition de fond qui touche le secteur culturel aujourd'hui, du fait de la réduction des subventions publiques et de l’émergence de nouveaux enjeux sociaux et territoriaux. Il interroge, dans ce contexte, la place de l'ESS dans le renouvellement des formes d'entrepreneuriat culturel.
L'étude, menée de juin à décembre 2017, repose essentiellement sur le recueil de témoignages d’acteurs concernés (entreprises représentatives du secteur culturel et inscrites dans l'ESS, acteurs politiques, administratifs, professionnels et financiers impliqués dans l’ESS et son développement), complétés par les études et enquêtes réalisées récemment sur le sujet, notamment par l’association Opale (Centre de ressources du DLA culture).
Aujourd'hui, la culture et l'ESS sont extrêmement imbriquées : les entreprises culturelles partagent les valeurs de l'ESS - recherche de l’intérêt général, d’émancipation et de solidarité - et sont souvent elles-mêmes des structures de l'ESS. De 30.000 à 35.000 entreprises culturelles appartiennent à l’ESS, soit 15 à 17% des établissements de l’ESS et 26% des emplois culturels.
Bernard Latarjet met en exergue, dans ce rapport, l'importance pour l'ESS de saisir l'opportunité d’être porteuse d’un renouveau des modèles d'entrepreneuriat culturel afin de préserver les valeurs fondatrices d’intérêt général, de coopération et de démocratie, ainsi que le rôle majeur que l'Etat, les collectivités territoriales et les fédérations professionnelles auront pour appuyer le rapprochement du secteur culturel et de l'ESS par des politiques adaptées privilégiant l’échelon régional.
Le rapport identifie pour cela trois voies de progrès essentielles :
- La coopération entre les acteurs culturels, qui doit être encouragée par les pouvoirs publics contre la logique de segmentation par discipline et fonction ;
- Le renforcement des capacités entrepreneuriales des acteurs culturels à travers la formation, l’accompagnement et la diversification de leurs activités, sans que cela ne compromette ni l’exigence artistique ni l’utilité culturelle et sociale de leurs projets ;
- L’amélioration de la (re)connaissance de l’ESS au sein du secteur culturel, grâce à l’information, le recueil et la diffusion d’expériences et d’outils, notamment au niveau régional.